De José Jaime y Pérez

                                                              Madrid, 14 de febrero de 18981

A Monsieur Émile Zola

Je ne doute pas, Monsieur Zola, que la félicitation la plus modeste que vous recevrez au sujet de votre campagne Humanité, Vérité, Justice sur l’Affaire Dreyfus ce sera bien certainement celle-ci; mais si elle est en effet la plus modeste, elle n’est pas, soyez bien sûr, moins sincère que toutes les autres que vous aurez reçu avant la mienne.

Je ne suis pas un homme de lettres, je suis tout simplement un industriel, maître aujourd’hui chez moi, écolier pendant 4 ans en France où j’acquis mon certificat d’études primaires à l’Académie de Bordeaux en 1879 et comme lecteur assidu de tous vos ouvrages, et très particulièrement de votre collection Les Rougon, dont j’ai tous les volumes dans mon cabinet de travail, et pour terminer, sentant pour vous et envers votre oeuvre une grande admiration, je vous dirige ces quelques lignes pleines de fautes sûrement, pour vous féliciter de toute mon âme par votre courage et par votre désir de justice et je désire de tout coeur que votre procès finisse selon nous attendons vos vrais admirateurs.2

Pardonnez-moi, Monsieur Zola, si avec cette lettre je vous ai causé de l’ennui et en finissant je vous serre la main bien cordialement.

Je suis votre dévoué serviteur et admirateur.

Colección: I.T.E.M.-C.N.R.S. Centre d’études sur Zola et le Naturalisme.

1. Membrete: «La Constancia. Fábrica de cartones, movida a vapor (Casa fundada en 1847). José Jaime y Pérez. Paseo de las acacias, núm.31. Madrid».

2. El 14 de febrero R. Soriano publicó, en Los Lunes del Imparcial, «El cazador de Gorras».